Le pardon tout simplement

Un extrait du roman pour explorer ensemble le thème du pardon

Chapitre 29

« Avec Laura, tout était si simple !

Elles avaient les mêmes goûts en matière de nourriture, préféraient les mets authentiques, la cuisine de terroir, aux plats sophistiqués. Alice se souvint du dîner avec Fabrizio à la Villa Archange.

Tout ce luxe ne signifiait rien comparé au bonheur de revoir son enfant !

Une guêpe se posa sur la coupe de fruits. Alice la chassa avec sa serviette…

« Et alors, maman, tu n’as pas encore fabriqué de piège à guêpes ? »

La voix de Laura tremblait.

Alice secoua la tête en signe de dénégation. La mère et l’enfant se turent. Et les souvenirs des étés flamboyants affluèrent.

En voyant les yeux de son enfant se remplir de larmes, Alice comprit que Laura avait souffert en silence, sans se plaindre, tout comme son frère, emportée  par la tempête qui avait brisé leurs certitudes à tous.

Alice se leva. Elle fit le tour de la table et s’agenouilla sur les lattes de bois. Elle posa son front sur les genoux de sa fille.

« Pardon ! »

Sa voix n’était que murmure. Elle attendit, les yeux fermés. Dans son for intérieur, elle se félicita d’avoir fait poser des lattes en bois et songea à la douleur qu’elle aurait ressentie sur les petits cailloux pointus de son enfance…

Elle attendit encore.

Elle sentit la main tremblante de Laura se poser délicatement sur sa tête et comprit que par ce geste d’une infinie douceur, sa fille lui accordait son pardon.

Alors qu’elle reprenait sa place à table, Alice aperçut une colombe blanche qui virevoltait au-dessus du ponton. L’oiseau se posa en équilibre sur un piquet et s’immobilisa, tournant sa petite tête dans leur direction.

Déjà, Laura levait son verre de rosé.

« Allez, maman, à la tienne ! J’ai une faim de loup moi ! Crois-tu qu’il y aura assez de saucisson pour nous deux ?»

Le rire de Laura éclata, frais, rédempteur. »

LE PARDON TOUT SIMPLEMENT.

Car un amour pur et un coeur humble savent trouver le chemin du pardon.

Demander pardon, simplement. Pas besoin d’en faire des tonnes. Un simple mot suffit, quand la grâce nous touche. Finalement, cela devient tellement nécessaire que nous méprisons notre orgueil, nos doutes et nos peurs, pour retrouver notre dignité. Une démarche qui nous coûte, si douce quand l’amour lui fait face.

J’ai mal agi, je t’ai blessée, pardonne-moi !

Ce n’est pas magique, c’est bien plus. Une réalité qui nous libère et affranchit l’autre en lui rendant aussi sa dignité.

Alors, notre vie reprend sens. Nous respirons mieux. Au large…

Le silence, faire comme si, cela n’est pas le pardon.

Bien entendu, nous pouvons choisir la fuite, délaisser ceux que nous aimons, prendre des raccourcis… Mais il arrivera tôt ou tard ce jour, cette heure, cette seconde où le pardon se présentera comme la seule opportunité afin de renouver  une relation brisée et guérir de nos meurtrissures.

EMERVEILLEMENT DE LA GRACE 

Lorsque nous découvrons en l’autre cette capacité de nous pardonner, nous sommes émerveillés.

En réalité, les mots n’ont plus  d’importance, mais la Grâce de l’instant où nous avons fléchi devant l’Amour, ce moment précieux reste à jamais gravé dans nos cœurs.

Maintenant, je  vous laisse apprécier ce moment de pure joie, de grande intimité.

Alice et Laura, ensemble, mère et filles, prêtes à affronter  l’avenir. Elles sont aussi  aptes à jouir en toute liberté, je dirais presque « candeur »,  du temps retrouvé, racheté.

Un morceau de saucisson, un abricot fondant, un verre de vin ensoleillé et la fabuleuse, inexprimable rencontre de deux cœurs qui se savent aimés et pardonnés.

TROUVER LA SOURCE DU PARDON 

Cela me rappelle un autre repas, aux résonnances dramatiques, où le fils de L’Homme qui allait affronter, les ténèbres,  la honte, la douleur et la mort par amour pour nous, pouvait annoncer d’une voix assurée et remplie de tendresse.

« J’ai désiré vivement manger ce repas avec vous ».

Parce qu’il savait, Lui, que le pardon ouvre la voie à la VIE.

POUR ALLER PLUS LOIN…

https://www.amazon.fr/colère-pardon-chemin-libération

https://livre.fnac.com/a308814/Wayne-Teafatiller-Le-pardon-cle-du-royaume

https://www.clcfrance.com/le-pardon_ref_COMP010.html

Et aussi sur la dimension trans-générationnelle du pardon

Un chemin de libération. Se réconciler avec son héritage familial, culturel et spirituel Broché – 8 septembre 2010

Si seulement ou la porte du désir.

Les si et la puissance du désir – Piège ou opportunité ? 

Chapitre 16

écran de désir

« Alice imaginait déjà leur rencontre à l’aéroport JFK. Juan lui donnerait un baiser sur la joue et prendrait sa valise ; ils traverseraient le hall et gagneraient le parking. Et là, au détour d’une allée, sous la lumière d’un néon criard, Juan la presserait contre lui…Il lui donnerait un baiser qui lui emporterait la bouche… »

Désir et frustration : un cocktail détonnant.

Tous les psychanalystes et les spécialistes des neurosciences l’affirment : c’est du manque que nait la frustration et de la frustration que nait le désir. Le désir est alimenté par la capacité à imaginer, à rêver, à produire une réalité qui nous échappe encore. Nous ne sommes que désir, affirment-ils !
Il suffit qu’un “objet”, une personne nous ait échappés pour que l’état de manque s’installe. Les amours inachevées, les histoires suspendues réveillent lorsque nous sommes au creux de la vague, dans la solitude d’une vie conjugale monotone, des appétits, des images imprécises de ce que notre vie aurait pu être si…
Les si ont un puissance redoutable. Ils enflamment notre imagination, nous poussent à aller chercher plus loin notre bonheur. Parfois, ils révèlent un besoin de conquête, de changement.
Et si nous avions pu concrétiser notre projet ?
Et si nous nous étions rencontrés pour de bon ? Et si… il était l’homme de ma vie ?

regard de désirCertaines personnes rationalisent, refoulent cette percée du désir. Ils font des tableaux dans des journaux intimes, pesant en colonnes le pour et le contre. Dois-je renoncer à cet engagement ?Dois-je quitter mon travail , Dois-je dire la vérité sur ce que je ressens ? D’autres, au travers d’une crise plus profonde, au détour d’un moment de lucidité douloureuse laissent affleurer ce désir ? Désir de vie la plupart du temps avant que le désir de mort ne s’insinue, quand le désir de vie ne trouve pas son objet.
Tous ces “si”, ces images de bonheurs inaccomplis, de paroles non-dites, tous ces pourquoi partent à l’assaut de notre petit coeur, de notre imagination, de nos émotions en bataille.

couleurs du désir

Une culture des « si » qui nous exaltent et nous enchaînent. 

S’imposant, la nuit, le jour, les “si” arrivent parfois à nous vaincre. Leur capacité persuasive nous fait entrer dans le monde des fantasmes (je parle ici de rêves puissants pas de perversions) et nous introduisent dans un avenir où tout est plus beau, plus clair, plus facile.
C’est humain. Mais ce processus qui libère nos souvenirs parfois embellis et nous fait remonter l’horloge du temps, masque aussi la dureté de la vie, l’inexorable réalité de nos blessures, de nos limites et de celles de l’autre.

Les romanciers adorent les “si”.

Ils en font leur nourriture quotidienne pour bâtir leurs histoires, inventer un rebondissement, renforcer le rôle d’un personnage.

L’ amour courtois, le courant romantique, les contes de fées qui nous narrent la transformation du crapaud en merveilleux prince charmant, le fameux adage, « ils vécurent longtemps heureux et eurent beaucoup d’enfants » ont façonné notre inconscient depuis notre tendre enfance… Nous en sommes tous les victimes conscentantes…

Dans la quête d’amour, d’un amour vrai et sincère, on peut se perdre. Se noyer dans des souvenirs, dans un « après » qui nous fait trembler.

Mais comment rêver sa vie quand l’envie est partie ? Comment reprendre le cours d’une existence insignifiante et vide et reconstruire ce qui n’est plus que cendres ?

Alice cherche sa voie et à cet instant précis, alors que le « Si » de l’être aimé et perdu il y a tant d’années murmure à son âme assoiffé, le besoin primaire d’être entourée, chérie, reconnue dans sa féminité lui fait perdre la tête.

Et vous, où en êtes-vous de vos ambitions, de vos rêves détruits, de vos chimères, des souvenirs qui vous taraudent ?

Un  autre « Si » à la hauteur de nos désirs, de nos détresses et de nos manques.

Celui qui vous a créé connait votre besoin. Il fait entendre sa voix avec un Si qui résonne comme un appel. L’engagement de l’Amour qui soutient tout l’univers.

« Jésus lui répondit: Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit: Donne-moi à boire! tu lui aurais toi-même demandé à boire, et il t’aurait donné de l’eau vive. » Jean 4 /10

amour vrai et désir de aimer

Qu’en sera-t-il d’Alice ?

La suite est à découvrir dans https://www.amazon.fr/amour-extravagant-L%C3%AEle-rouge-ebook/dp/B01LXNPQVR

Alcools trompeurs

Chapitre 20

« Elle décida de regagner Saint-Raphaël par la corniche. C’était un choix insensé, stupide. Mais elle s’entêta. »

Accident d'un amour extravagant

Une folie !!!

Alice a mis toutes ses cartes à plat. Elle livre sa peau, ses pensées, son avenir, son espoir, ses tripes à un homme-mirage, à un amant de papier.

Carte de choix d'un amour extravagant

Dans les ténèbres, on ne reconnait plus rien, on ne sait plus se diriger.

Ce trajet sur la corniche complètement éméchée, c’est un appel au secours, un défi, un acte déraisonnable, un pied-de-nez à la vie, un appel macabre.

On ne sait rien d’Alice, de son passé d’enfant unique. On présume que ça n’a pas été simple et que le mariage avec Didier n’a pas réussi à combler le manque d’amour maternel.

La liaison avec l’amant de papier non plus.

Des fruits amers

Les tentatives de se mettre en relation, portées par la désespérance, ne produisent que des fruits amers.

Le fruit amer de cette descente aux enfers, c’est la colère, l’amertume et la rage.

Alice ignore ce qu’elle a accumulé en elle :  toute cette douleur et quelques verres de trop suffisent à la faire déraper.

Elle dérape dans le salon du Negresco. Quelle mère sensée peut parler comme elle le fait à sa fille ?

Alcool d'un amour extravagant

Arrêter sa course folle ?

Un arrêt dans sa course folle vers cet appétit de fusion, de ce qu’elle croit désirer.

Une occasion de se reprendre, de réfléchir.

Mais aura-t-elle le courage de faire une halte, de chercher au plus profond d’elle-même la raison de son mal ? Où repartira-t-elle de plus belle ? Elle, la passionnée, à la recherche de cet Amour extravagant qui lui échappe encore et encore…

Escalier d'un amour extravagant

« Mais ils refusèrent d’être attentifs, ils eurent l’épaule rebelle, et ils endurcirent leurs oreilles pour ne pas entendre. »  Zacharie 7 :11

« Revenez à moi, et je reviendrai à vous, dit l’Éternel des armées. Et vous dites: En quoi devons-nous revenir? »  Malachie 3 :7

La Saint-Valentin d’Alice ou la valse des sentiments

La Saint-Valentin d’Alice ou la valse des sentiments. 

« Ce soir-là, Didier et elle dînèrent en silence.

Alice, qui aimait éveiller les papilles de son mari en concoctant de bons petits plats, s’était contentée de préparer une salade verte et une omelette au parmesan. De toute façon, Didier se satisfaisait de peu. C’est elle qui se compliquait la vie pour lui faire plaisir ! Il mangeait toujours à toute allure sauf quand ils avaient des invités !

Ce soir, elle ne voyait plus pourquoi elle avait fait tant d’efforts pendant toutes ces années !

La dernière bouchée d’omelette avalée, Didier se leva brusquement, repoussa sa chaise sous la table et quitta la pièce en grommelant « je suis fatigué, je vais me coucher ». Il avait pris cette habitude depuis quelques mois et Alice supportait ses désertions avec fatalisme.

Elle regarda son assiette. Les larmes lui montèrent aux yeux.

Aujourd’hui, c’était la Saint-Valentin !

Son cœur se serra. Elle mit la vaisselle sale dans l’évier et gagna son bureau.

« Ma chère Alice, Hier comme c’était la Saint-Valentin, j’ai fait un poème pour toi. Accepte-le s’il te plait ! C’est mon cadeau pour toi, querida mia , en l’honneur de nos retrouvailles. Chau . »

***

Un monde entre la vie conjugale et la vie rêvée !

Un gouffre entre la solitude, l’ennui d’une relation conjugale qui s’étiole et cette tentation de vivre l’inconnu, de recevoir avec gratitude une invitation à s’échapper du quotidien mortifère.

Et quelle invitation !

Pour Alice, c’est cette magie de la « Saint-Valentin » portée par un désir languissant de considération et de romance mélés, qui va mettre le feu aux poudres.

 

 

Ce petit “rien” qui bouleverse…

Une petite étincelle, un poème, rien de bien « méchant » et voilà que tout bascule.

En addition à cet extrait du roman “Un amour extravagant”, je voudrais offrir, en ce jour de Saint-Valentin, à tous mes lecteurs ou futures lecteurs, une réflexion personnelle sur cette fête qui sème l’illusion, le désespoir et l’envie dans les cœurs blessés, et ne garantit rien. Vraiment rien !

Ecoutez “L’amour peut-il se programmer ?” et retrouver le texte et les photos sur

www.alliance-ruthetnoemie.org

Chapitre 18 – Des oui à tout ou le mensonge de l’amour

“Et Alice dit Oui. Oui à tout.”

Quand la vie est trop difficile, le chagrin trop longtemps contenu, il arrive que le coeur éclate.

La capacité d’aimer est amoindrie ou comme tordue.

Comme un objet usé, l’amour cherche sa voie mais se brise sur les mensonges.

Le premier grand menl'amour se brise sur les mensongessonge, relayé par la culture ambiante, les romans à d

eux sous et les séries télé, c’est le mythe de la fusion amoureuse.

Certes, nous savons bien ce que signifie “tomber amoureux”, cette frénésie de l’autre qui agit comme une drogue. L’aimé prend littéralement possession de nous, même si nous n’avons pas de relation physique avec lui. Il est là, jour et nuit dans nos pensées. Il nous vampirise.

Nous en perdons le manger, le boire, le sommeil.

L’attente est si intense, le besoin d’amour si violent.

Cet état amoureux nous amène à prendre des décisions, à faire des choix qui  ne sont pas mesurés, pas raisonnables.

Mais un vieil adage ne dit-il pas : “le coeur à des raisons que la raison ne connaît pas.” ?

C’est pourquoi il est si difficile à des proches de mettre en garde un coeur amoureux fou.

Alice est bien fragile intérieurement et sa seule porte de sortie semble être cette fusion qui la perd.

 

Elle dit oui à tout. Elle veut aimer et surtout être aimée.

Et elle veut “plaire”.

Elle change de garde-robe. Elle change de regard sur elle-même. Mais elle reste dépendante du regard de l’autre.

Elle change de regard sur elle-mêmeFrénésie, dédoublement. Je deviens ce que l’autre demande, je me conforme dans un désir éperdu d’être aimé.

Quelle relation entretenons-nous avec l’amour de notre vie ? Sommes-nous aliénées au regard qu’il porte sur nous ?

 

Savons-nous dire “non” ?

Poser des limites appropriées dès le début d’une relation ?

Gardons-nous un temps pour nous retrouver nous-mêmes, réfléchir aux enjeux essentiels de notre existence ?

Ou sommes-nous prisonnières d’un jeu de séduction où nous nous égarons loin de nos valeurs ?

Alice, consummée par la passion vit cette tragédie de la dilution de son identité dans l’autre.

Dieu ne nous absorbe pas dans son amour, mais nous respecte. Il ne joue pas de nos émotions, n’exploite pas notre manque, mais il nous offre un amour pur et sincère, désintéressé car même s’il désire passionnément entendre notre coeur et nos voix, il nous tiendra toujours en grande estime.

Il ne cherche pas à nous séduire, à nous contrôler, à user de nos faiblesses, pour nous extorquer un oui inconditionnel. Il met une condition à sa relation d’amour envers nous : l’assentiment de notre coeur et de notre intelligence.

Car Il chérit la liberté !

Son regard à lui-nous élevera toujours, nous comblera d’espérance.

L'amour chéri la liberté

Peu à peu, nous deviendrons nous-mêmes dans cette relation de confiance et de foi.

Alice ne connait rien de cet amour libérateur. Elle apprendra dans les larmes et la souffrance à se recentrer peu à peu et à dire non, en toute liberté, pour dire de vrais oui.

Pour découvrir son cheminement, plongez-vous dans “Un amour extravagant” !

Chapitre 8 – Je n’ai pas le temps !

 

Scarlett O Hara un amour extravagant

“Elle ne devait pas faiblir. Elle devait oublier !
Dans quelques jours, ce serait Noël, le temps des retrouvailles, l’odeur du sapin… Geoffroy et Laura, Sophie et Didier… Sa vie était là ; elle n’était pas parfaite, mais c’était sa vie. Tout ce qu’elle connaissait par cœur.
Dans un moment de crise, Scarlett O’Hara, son héroïne préférée, avait eu cette phrase admirable : « Je ne pleurerai pas … pas maintenant … je n’ai pas le temps ».
Alice ravala ses larmes et rejoignit sa voiture en pressant le pas. Elle fouilla dans la boite à gants et dans les poches de son manteau à la recherche d’un paquet de kleenex et sourit malgré elle.
Elle venait de comprendre la raison pour laquelle elle aimait tant Scarlett O’Hara. Elles avaient un point commun : Scarlett et elle n’avaient jamais de mouchoir sous la main dans les moments où elles en avaient le plus besoin !
Alice fit ronfler le moteur de sa voiture et démarra en trombe.”

Je n’ai pas le temps !
C’est fou comme nous nous donnons des excuses ! Comme si nous n’avions aucune capacité de choisir, de décider de nos journées. Pendant des saisons plus ou moins longues de notre existence, nous avons le sentiment pénible d’être pressés par nos obligations quotidiennes. En cage.
En région parisienne où j’ai habité pendant une vingtaine d’années, des milliers de femmes doivent jongler avec un emploi du temps démentiel : deux heures de transport ou davantage, entre 7 et 9 heures de travail. Et en rentrant à la maison, la préparation du repas souvent sacrifiée, le bain au tout petit récupéré en vitesse chez la nourrice ont raison de la capacité à réfléchir et prendre du recul. Le week-end, corvées ménagères, courses, Un sentiment d’épuisement et d’impuissance s’installe, tenace et submerge les mamans quand arrive le dimanche soir.
On comprend que dans ces conditions, il ne reste plus de place ou d’énergie pour se demander la raison de toute cette agitation. On en arrive à accepter sa situation comme une fatalité. A quoi bon lutter face à ce torrent qui nous emporte ?
Parfois, la petite voix mensongère qui nous susurre que nous n’avons pas le temps est plus subtile…
Aux carrefours de nos vies, quand des choix douloureux s’imposent, quand il faut se regarder en face, évaluer son travail, parler à cœur ouvert à un proche ou à une amie, notre paresse naturelle, ce besoin intrinsèque d’éviter la douleur, de différer les changements qui s’imposent parle plus fort que notre souffrance.
« Je n’ai pas le temps », « On verra ça pendant les vacances ».
Demain… ou jamais ?
Alice n’est pas débordée. Elle a tout le temps pour réfléchir à sa vie mais la peur la domine et la paralyse.
Lorsque des questions dérangeantes se présentent, que décidons-nous ?
Le drame de Scarlett O’Hara, l’héroïne d’Autant en emporte le vent », c’est d’être passée à côté de son bonheur en fuyant la vérité et en négligeant d’écouter son cœur profond.
Tôt ou tard, nos choix, nos lâchetés et notre passé nous rattrapent.
Aujourd’hui, faisons un pas vers la maturité.
Choisissons de nous arrêter pour réfléchir, pour méditer et prier (si nous sommes croyants).
Il n’est jamais trop tard.
Et n’oublions pas nos mouchoirs !

 

Chapitre 8 – La douleur qui se venge.

mer de nuages“Alice fixa à nouveau le carton puis leva les yeux vers Fabrizio qui lui souriait amicalement. Elle rangea la carte de visite dans le dossier et voulut se lever pour prendre congé.
Comme une frêle embarcation malmenée par le courant. Alice sentit le sol tanguer sous ses pieds. Un épais nuage noir l’enveloppa. Elle s’évanouit en poussant un faible gémissement.” … “Lorsqu’elle reprit conscience, elle était étendue sur le sofa du salon attenant au bureau de Fabrizio….
« Je dois partir car j’ai un rendez-vous important à l’extérieur dans quinze minutes mais je vous confie aux bons soins Angelina. Prenez tout votre temps…… Nous nous reverrons bientôt pour la signature chez le notaire. Prenez soin de vous, Alice. Je vous souhaite un joyeux Noël ! Allez, Bellissima, je vous laisse maintenant… » Fabrizio ponctua son « bellissima » d’un sourire éblouissant et quitta la pièce. Alice referma les yeux et chercha son souffle. Une douleur ancienne se frayait un passage entre ses seins.

En repensant à mon propre combat pour nier la souffrance, écarter les souvenirs, rationaliser ce que je vivais et quand je constate les ravages du déni dans la vie de personnes qui me sont proches ou de ceux qu’il m’arrive de conseiller, j’en suis arrivée aux quatre conclusions suivantes :

Vivre, c’est accepter la douleur.
Il n’existe pas de vie parfaite et idéale.
Dieu ne supprimera pas la douleur par magie.
Mais en acceptant d’avoir mal, nous ouvrons ainsi notre coeur à Sa présence guérissante et à un processus de vérité et de reconstruction.

Mon “Alice” commence juste à comprendre que quelque chose de terrible se prépare. Cette ancienne douleur, celle d’un chagrin très ancien, d’un deuil non résolu, qu’elle n’arrive pas à identifier, cette douleur veut se manifester !

Face à nos pertes, nous choisissons de nier la douleur et négligeons d’identifier nos émotions, de donner un nom et un sens à ce que nous ressentons sur le moment même.
Nous avons nos formules toutes faites pour chasser le mal à notre manière :
“Ça va passer !”
“C’est pas si grave !”
“Le temps arrangera les choses”
“Un de perdus, dix de retrouvés”,
“Passons à autre chose”.

Mais non ! Notre cerveau ne peut pas supprimer la douleur. Il la garde prisonnière et le drame c’est que la petite voix qui proteste en nous finira par se calmer, par se taire…
Il faudra un évènement qui fasse office de déclencheur pour la libérer.
Mais dans sa prison, notre douleur s’est nourrie, elle se vengera et vous explosera à la figure.

J’ai mal pour mon “Alice”.
J’ai mal pour toutes ces femmes et ces hommes qui se taisent, impuissants, fiers et inconscients de ce qui se trame dans leur être profond.

chagrin de femme

“Sonde-moi, O Dieu et connais mon coeur”
“Éprouve-moi et connais mes pensée”
“Regarde si je suis sur une mauvaise voie”
“Et conduis-moi sur la voie de l’éternité”.

Prière du Roi David, homme de foi, homme de guerre, homme de passion.

Traitons nos douleurs avant qu’elles ne se vengent.

Parlons selon la vérité et avec sagesse à notre prochain. Si nous avons été offensés, agissons : exprimons-nous avec respect, allons voir l’offenseur, (prenons un tiers comme témoin si c’est un agresseur), parlons de nos douleurs à une personne sûre.
Et demandons au Créateur de nous ouvrir les yeux.

Apprendrons-nous à cheminer avec nos douleurs ?
“La vérité nous rendra libre”.

Chapitre 4 – Aveugle à la beauté ?

“Le vent avait faibli et le soleil à son déclin, marbrait la surface de l’eau, le sable et les roches de fragments d’or. Véra s’extasia sur la beauté du paysage.”

Les saisons sont un don du ciel.
Lorsque j’étais une adolescente et même plus tard, je ne jurais que par l’été, le chant des cigales, les champs de blé mur et les abricots !
Mais un hiver, il y a eu un “switch” dans mes pensées. Ma vision des choses a changé !
Je me trouvais alors en Suisse et chaque matin, j’avais pris l’habitude de me promener sur un sentier qui longeait le lac léman. Au fur et à mesure que le paysage évoluait, j’évoluais moi-aussi, saisie par le flamboiement de la vigne en automne, par la douceur ouatée des brumes de novembre et par la pureté des neiges accrochées au Mont-Blanc si proche et si lointain.
Je changeais et mes yeux s’ouvraient à la variété de la Vie, aux splendeurs de la nature.

Mon Alice ne sait plus qui elle est. Fermée dans sa solitude, elle ne voit rien, elle ne sent rien. Elle se comporte déjà comme une morte-vivante. Son attitude contraste avec celle de son amie Véra, qui mord la vie à pleine dent : une Véra qui vit à fond, à 110 % chaque minute qui s’offre à elle !

Savons-nous apprécier ce qui est familier ?

Nous émerveiller des changements de saison, des variations de la lumière sur les toits, du frissonnement des feuilles du gros tilleul centenaire dans la cour de la ferme, de la splendeur irisée des soleils couchants, du miroitement de l’onde…de la blondeur des blés à la moisson.

C’est gratuit. C’est à nous !

Chapitre 4 – Votre corps ne ment jamais !

depression
“ Alice haussa les épaules et se releva.
Tout son corps lui faisait mal. Elle prit le sentier qui zigzaguait au flanc du rocher, le long des terrasses dont elle connaissait chaque recoin par cœur. Essoufflée, elle referma soigneusement la porte-fenêtre du salon derrière elle. Sa maison, son havre de paix ou sa prison dorée ?”

Le corps ne trompe jamais.

Fidèle gardien de nos émotions, il retient nos joies, nos peines, nos pleurs, nos peurs et nous restitue les émotions non dénouées, nos conflits intérieurs, nos “non-pardon” aussi avec une vigueur qui nous laisse pantois.
Nous vivons à cent à l’heure et persistons dans nos mauvaises habitudes : il proteste faiblement puis il se fâche soudain.
Maux de ventre, mal de tête, articulations douloureuses, teint brouillé…
Parfois c’est trop tard. L’infarctus frappe. La dépression nous tombe dessus.
“Le temps ne fait rien à l’affaire”.

Réglons nos vies, mettons de l’ordre dans notre existence, exprimons nos désaccords avec intelligence, pardonnons, changeons de job, agissons avant que le piège ne se referme sur nous.

Chapitre 3 – Le coffret et les secrets du coeur

coffret

“…son attention fut attirée par quelque chose posé là au fond de l’armoire.
L’objet, un coffret ancien rectangulaire peint à la main muni d’un couvercle bombé et d’un cadenas doré, datait des années vingt.”

Certains objets ont une valeur inestimable. Ils nous rattachent à des souvenirs, à des êtres chers.
Notre coeur est aussi cet écrin précieux où nous avons enfermé nos douleurs, nos rêves et notre besoin d’être aimés
La psychologie nous dit que nous pouvons avoir accès à une partie de ces ressources enfouies mais la vérité est qu’il faut bien des années et des efforts pour puiser dans notre inconscient et nous reconnecter à nous-mêmes. Les séances de psychanalyses s’avèrent parfois exténuantes, quand elles ne restent pas infructueuses.
Mais celui qui nous façonnés connaît tout de notre vie, des tréfonds de notre âme.

Dans le psaume 139, il est dit ceci
“Tu me sondes et tu me connais, tu sais quand je m’assieds et quand je me lève… tu pénètres de loin ma pensée.”

L’être désemparé devant ses propres émotions, ses propres reculs et ses réactions, peut toujours s’adresser à son Créateur (ce que les personnes appellent parfois “puissance supérieure”.
Il peut crier comme le psalmiste “Sonde-moi O Dieu et connais mon coeur , éprouve-moi et connais mes pensées, regarde si je suis sur une mauvaise voie et conduis-moi sur la voie de l’Eternité.
N’importe qui, au creux de la nuit peut prononcer cette prière.
Personnellement, je crois que “celui qui cherche trouve” et que les clefs pour faire la clarté dans nos vies sont accessibles. La foi (la confiance), l’authenticité et la transparence, l’humilité pour accepter ce que nous ne pouvons pas changer et le courage pour faire un pas en avant sont des qualités importantes quand on veut sortir du brouillard, comprendre nos propres désirs.
Quand nos rêves perdus sont enfermés à double tour, nous avons le sentiment que la vraie vie s’est arrêtée.
Jésus a dit “Je suis la lumière du monde, celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres mais il aura la lumière de la vie”.
A tout moment, il est possible de porter nos coffrets et leurs secrets à Dieu. Il nous parlera par des songes, des pensées, et pleins d’autres moyens pour nous amener à retrouver notre vrai “moi”.

Car l’Amour ne supporte pas les masques et Dieu s’emploiera avec douceur à nous aider à les retirer… si nous le désirons.