Alice Schneider

Chapitre 11 – L’étau

Alice et Didier avaient reçu le carton d’invitation à dîner à l’en-tête des Gardelli. Fabrizio avait tenu parole. Alice ne comprenait pas les raisons qui avaient poussé l’italien à dévoiler une partie de sa vie privée dans son bureau de Cannes, ni pourquoi il tenait tant à ce dîner. Certes, la nature généreuse de l’italien y était pour quelque chose…… Texte explicatif : Alice savait que la ressemblance de Fabrizio avec Alessandro et avec Juan avait pesé dans la balance et inconsciemment, l’homme d’affaire avait exercé sur elle une fascination dès leur première rencontre.

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Chapitre 18 – Des oui à tout ou le mensonge de l’amour

“Et Alice dit Oui. Oui à tout.” Quand la vie est trop difficile, le chagrin trop longtemps contenu, il arrive que le cœur éclate. La capacité d’aimer est amoindrie ou comme tordue. Comme un objet usé, l’amour cherche sa voie mais se brise sur les mensonges. Le premier grand mensonge, relayé par la culture ambiante, les romans à deux sous et les séries télé, c’est le mythe de la fusion amoureuse. Certes, nous savons bien ce que signifie “tomber amoureux”, cette frénésie de l’autre qui agit comme une drogue. L’aimé prend littéralement possession de nous, même si nous n’avons pas de relation physique avec lui. Il est là, jour et nuit dans nos pensées. Il nous vampirise. Nous en perdons le manger, le boire, le sommeil. L’attente est si intense, le besoin d’amour si violent. Cet état amoureux nous amène à prendre des décisions, à faire des choix qui  ne sont pas mesurés, pas raisonnables. Mais un vieil adage ne dit-il pas : “le cœur à des raisons que la raison ne connaît pas.” ? C’est pourquoi il est si difficile à des proches de mettre en garde un cœur amoureux fou. Alice est bien fragile intérieurement et sa seule porte de sortie semble être cette fusion qui la perd. Elle dit oui à tout. Elle veut aimer et surtout être aimée. Et elle veut “plaire”. Elle change de garde-robe. Elle change de regard sur elle-même. Mais elle reste dépendante du regard de l’autre. Frénésie, dédoublement. Je deviens ce que l’autre demande, je me conforme dans un désir éperdu d’être aimé. Quelle relation entretenons-nous avec l’amour de notre vie ? Sommes-nous aliénées au regard qu’il porte sur nous ? Savons-nous dire “non” ? Poser des limites appropriées dès le début d’une relation ? Gardons-nous un temps pour nous retrouver nous-mêmes,

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Chapitre 1 – La fin du jour

“Le soleil se noyait dans la mer, libérant dans une dernière étreinte, des flaques d’or liquide… Alice Schneider était sortie pour sa promenade favorite.” “J’ai dit souvent que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre.”Blaise Pascal (Les pensées)Qui n’a jamais rêvé de plonger ses regards dans le bleu intense de la Méditerranée ? D’ouvrir les yeux chaque matin pour contempler un paysage de rêve ?Certains moqueurs diraient de “carte postale”.De vivre sans contrainte dans une splendide demeure, celle que l’on a choisie ?Mais cette sécurité matérielle ne suffit pas.Le sentiment de solitude est pire que la solitude.Il envahit l’âme, les pensées, s’insinue par tous les pores de la peau.Dans la foule, un jour de fête foraine, au supermarché pendant que l’on attend en caisses, ou le soir, avant de s’endormir. Cette angoisse familière nous agrippe le coeur. On peut tenter d’y échapper par le divertissement, par le travail, par une générosité forcée, en développant une addiction…Le philosophe et homme de sciences Blaise Pascal avait bien percé le secret des tourments de l’âme humaine. «Qu’est-ce donc que nous crie cette avidité et cette impuissance, sinon qu’il y a eu autrefois dans l’homme un véritable bonheur, dont il ne lui reste maintenant que la marque et la trace toute vie, et qu’il essaie inutilement de remplir de tout ce qui l’environne, recherchant des choses absentes le secours qu’il n’obtient pas des présentes, mais qui en sont toutes incapables…» Pour qui Alice existe-t-elle ? Qu’attend-elle ? Vit-elle ou survit-elle ?Et vous ?

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Chapitre 7 – Transactions

Pétrie d’appréhension, la boule au ventre, Alice se prépara avec soin pour son entrevue avec Fabrizio di Gardelli.Elle avait choisi une jupe crayon noire, un chemisier de soie bleu pastel dont l’échancrure soulignait timidement le contour de ses seins et un manteau en laine bleu marine à la coupe impeccable. Elle brossa longuement ses cheveux auburn et se maquilla légèrement. Une paire d’escarpins noirs et un collier de perle complétaient cette tenue qu’elle jugea bien adaptée à cette entrevue. Stricte, avec un brin de sophistication.Une tenue capable de tenir un « adversaire » à distance.

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Chapitre 6 – Fabrizio

Quinze jours plus tard, deux événements se produisirent coup sur coup Ils allaient impacter la vie d’Alice de façon irrémédiable. Ce mercredi-là, après avoir fait son marché très tôt dans la matinée, elle avait décidé de s’accorder un moment de détente : monter sur les hauteurs de Valescure pour aller déguster un grand capuccino au bar de l’hôtel Mercure. Sur une table basse, près du fauteuil où elle s’était installée, traînait une édition du journal local « Var-matin ».

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Chapitre 5 – Rendez-vous manqué !

“Alice sortit sur la terrasse inondée de soleil. Décembre s’annonçait. Véra venait de la quitter. Cette semaine passée ensemble à écumer sans succès les agences de l’arrière-pays, elle n’était pas prête de l’oublier ! A Mougins, lors d’un déjeuner à la Gaudinade, devant une tartine au chèvre chaud, Alice s’était brusquement, avec violence, ouverte à Véra de son sentiment lancinant de solitude, de ses doutes concernant son mariage et de ses rêves d’écriture. Véra avait posé doucement sa main sur la sienne et lui avait répondu que le vide qu’elle ressentait était normal. Seul un amour plus grand, l’Amour de Dieu pourrait combler son cœur. Face à la sincérité désarmante et au ton sérieux de son amie, Alice avait mesuré son propre désarroi, cette lente érosion de tous ses sens qui instillait en elle un poison redoutable : le dégoût de la vie.”

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Chapitre 2 – La brochure

“Elle dénicha une place de parking à deux pas de la librairie, à l’ombre d’un grand platane. Le soleil matinal perçait et faisait miroiter son bracelet d’argent. Pour se faire pardonner après une querelle dévastatrice, sa mère avait glissé ce bijou de famille à son poignet sans un mot d’excuse : c’était la veille de son mariage, trente-deux ans plus tôt.Alice se dirigea vers la boutique. La brochure de l’Ile rouge l’obsédait jusqu’au vertige.Elle poussa la porte aux petits carreaux ternis et fut accueillie par le tintement aigrelet d’une sonnette. Le propriétaire, Célestin Courbet, était juché sur une échelle vertigineuse. Muni d’un interminable plumeau, le vieillard était en train d’épousseter une étagère couverte d’ouvrages en cuir repoussé. Une forte odeur de mastic et de térébenthine flottait dans l’air et agressa Alice.”

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